Le présentiel revient en force : comment adapter votre stratégie formation en 2026 ?

par | Dernière mise à jour le 29 septembre 2026

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Après l’explosion du tout-distanciel pendant la crise sanitaire, les organisations redécouvrent les vertus de la formation en présentiel. Ce retour ne constitue pas un simple effet de balancier post-Covid, mais bien une évolution stratégique mûrement réfléchie. Les chiffres de baromètres professionnels récents le confirment : 80 % des formations déployées aujourd’hui intègrent une dimension présentielle. Comment expliquer ce revirement du présentiel sur le marché de la formation ? Et surtout, comment adapter votre stratégie formation à cette nouvelle donne ?

Les chiffres qui confirment le retour du présentiel

80 % des organisations misent à nouveau sur le présentiel

Selon un Baromètre de Lefebvre Dalloz, 80 % des DRH français déclarent avoir déployé des formations présentielles au cours de l’année écoulée. Un chiffre qui contraste fortement avec les 20 % de formations purement digitales. Cette tendance est d’ailleurs confirmée par une étude menée par Cegos, acteur majeur de la formation professionnelle, qui constate « la diminution des sessions déployées à distance après la crise sanitaire liée à la Covid ».

Les résultats de la dernière enquête ISTF confirme également cette tendance en matière de formation et annonce une hausse de 8 points dans l’usage du présentiel en formation. La modalité atteint 94% d’usage !

Quant au format distanciel, il n’a pas disparu pour autant : 67 % des organisations le maintiennent dans leur dispositif. Mais il ne constitue plus la modalité dominante, privilégiant désormais une approche complémentaire au présentiel.

Un attachement français particulièrement marqué

L’attachement au présentiel se révèle particulièrement fort en France.

56 % des salariés français considèrent « une formation en présentiel, animée par un formateur » comme une qualité prioritaire, contre 42 % à l’échelle internationale.

A gap of 14 points which testifies to a French culture of training where human interaction and educational support remain central values.

This choice is also positioned as the second quality criterion for training for employees, just after its direct operational usefulness (51%).

The latest Barometer published by Lefebvre Dalloz reveals that « Traditional formats remain widely preferred: 55% of respondents prefer training courses of 1 to 3 days, in person or remotely ».

Why this comeback?

The limitations of fully remote learning revealed

Two years of intensive remote work and exclusively online training have revealed the limitations of this approach.

Digital fatigue , the difficulty of maintaining long-term engagement, and above all, the inadequacy of the format for certain content explain this repositioning.

Training related to soft skills, management or collaborative work requires role-playing, spontaneous exchanges and group dynamics that distance learning or e-learning cannot reproduce.

In-person training meets new training expectations

Employees express three priority expectations for their training:

  • Direct operational involvement (51% of international employees, 44% in France)
  • Interactivity and the playful aspect (41% vs 34%)
  • The in-person format led by a trainer

Plus révélateur encore : 65 % des salariés et 68 % des RH s’accordent à dire qu’un collaborateur s’engage davantage dans une formation si elle est ancrée en situation réelle de travail.

Un objectif que le présentiel permet d’atteindre plus facilement, notamment grâce à l’accompagnement direct d’un tuteur ou formateur (facteur d’engagement cité par 47 % des salariés et 48 % des RH).

Présentiel 2026 ≠ Présentiel 2019 : les nouvelles règles du jeu

L’approche blended learning s’impose

Le présentiel de 2026 ne ressemble pas à celui de 2019. Les organisations ont intégré les apports du digital et adoptent massivement une logique de blended learning.

Cette approche combine le meilleur des deux mondes :

  • Modules e-learning courts en amont pour acquérir les fondamentaux
  • Sessions présentielles pour la mise en pratique, études de cas et échanges
  • Ressources digitales post-formation pour ancrer les apprentissages

Cette complémentarité explique pourquoi 67 % des organisations maintiennent du distanciel et du e-learning tout en revenant au présentiel.

Plus d’exigence sur l’expérience apprenante

Les directeurs formation identifient trois modalités prioritaires pour l’avenir de leurs dispositifs :

  • L’adaptive learning (46 % à l’international, 37 % en France)
  • Le e-coaching (45 % à l’international et 38 % en France)
  • Le social learning (41 % à l’international et 33 % en France)

Ces modalités témoignent d’une volonté d’individualiser les parcours et d’accompagner les salariés de manière plus personnalisée. Une tendance confirmée par les 57 % de RH français (47 % à l’international) qui souhaitent proposer des parcours plus individualisés.

À lire aussi : IA et formation professionnelle en 2026 : pourquoi le présentiel reste indispensable ?

L’intelligence artificielle émerge d’ailleurs comme un levier pour y parvenir :

60 % des DRH français envisagent d’utiliser l’IA pour individualiser les parcours de formation, même si seuls 10 % l’ont déjà déployée à ce jour.

Enjeux opérationnels pour les directeurs formation

Gérer la complexité logistique et budgétaire

Le retour du présentiel soulève des défis concrets pour les directions formation.

Planifier des sessions présentielles multiples, gérer les agendas des collaborateurs en mode hybride, réserver les salles et les formateurs : la complexité logistique s’accroît.

Sur le plan budgétaire, le présentiel reste plus coûteux que le digital.

Toutefois, 43 % des organisations maintiennent leurs dépenses de formation stables, tandis que 35 % les augmentent.

Un signal positif qui montre que les entreprises acceptent d’investir dans des formations présentielles de qualité. Il faut tout de même noter que la part d’entreprises qui observent une diminution de leur budget augmente de 5 points par rapport à 2025 et atteint 22 %.

La question centrale devient alors : comment arbitrer entre présentiel, distanciel et e-learning pour optimiser à la fois l’efficacité pédagogique et les budgets ?

S’appuyer sur les dispositifs de financement

Le système français de formation rassemble de nombreux dispositifs de financement (OPCO, CPF co-construit, FNE-Formation, alternance…). 41 % des entreprises ont recours au CPF co-construit, faisant le choix de la co-construction des parcours de carrière.

L’enjeu pour les directeurs formation consiste à articuler intelligemment leurs formations présentielles avec ces différents dispositifs, tout en respectant les exigences de qualité (Qualiopi) et d’éligibilité de France Compétences.

Nos recommandations stratégiques pour 2026

Construire une matrice de décision multimodale

La clé réside dans une approche équilibrée qui attribue à chaque modalité les contenus pour lesquels elle est la plus pertinente.

Privilégier le présentiel pour :

  • Les soft skills et compétences comportementales
  • Le management et le leadership
  • Les formations favorisant la cohésion d’équipe
  • Les situations professionnelles complexes nécessitant mises en pratique
  • Les formations réglementaires (conformité et sécurité)

À lire aussi : 5 types de formation pour lesquels le présentiel est indispensable

Utiliser le distanciel et le e-learning pour :

  • Certains contenus techniques et réglementaires
  • Les modules courts d’actualisation des connaissances
  • Les formations devant toucher un large public rapidement
  • Les ressources de formation continue « juste à temps » (Just-in-Time Learning)

Adapter le présentiel aux nouvelles attentes

Pour rester attractif en 2026, le présentiel doit évoluer vers une expérience profondément renouvelée, centrée sur l’engagement, l’individualisation et l’impact opérationnel. Les collaborateurs attendent désormais des formations incarnées, interactives et immédiatement utiles, qui vont bien au‑delà du simple transfert de connaissances.

Adapter le présentiel signifie repenser les sessions comme de véritables temps forts pédagogiques et développer et renforcer le recours :

  • Aux ateliers immersifs,
  • Aux cas concrets issus du terrain
  • À la co‑construction
  • Aux formats participatifs pour abandonner petit à petit les méthodes dites “descendantes”.

Cette évolution implique aussi de personnaliser la stratégie grâce à des diagnostics préalables, des micro‑groupes plus homogènes et l’accompagnement rapproché du formateur.

Les organisations doivent également enrichir le présentiel avec des dispositifs digitaux à forte valeur ajoutée (préparation, simulations, e-coaching, ressources post‑formation) pour maximiser l’ancrage et la montée en compétences.

Enfin, répondre aux nouvelles attentes impose de soigner l’expérience globale :

  • Qualité des interactions
  • Environnement apprenant stimulant
  • Logistique fluide
  • Suivi fin des progrès via des outils de pilotage adaptés.

Le présentiel devient alors un moment premium, utilisé à bon escient, et qui renforce l’engagement, la confiance et l’efficacité pédagogique.

Renforcer la collaboration avec les managers pour sécuriser les sessions

Pour garantir le succès des formations présentielles en 2026, les équipes formation doivent renforcer leur collaboration avec les managers, dont l’implication demeure un enjeu majeur : 63,1 % des responsables formation déclarent manquer de soutien managérial.

Or, ce sont les managers qui valident la disponibilité des collaborateurs, arbitrent les priorités opérationnelles et encouragent véritablement la participation.

Développer cette collaboration passe par :

  • Une communication plus proactive : visibilité sur les plannings, rappels automatiques, partage d’indicateurs de participation
  • Une responsabilisation plus forte : validation des inscriptions et anticipation des absences.

Au‑delà de la coordination opérationnelle, les équipes formation ont tout intérêt à mener une campagne de promotion interne, pour valoriser les efforts engagés et rendre plus visible l’impact réel des formations (retours terrain, indicateurs de performance, bénéfices métiers).

En démontrant concrètement la valeur créée, elles renforcent l’adhésion des managers, qui deviennent alors de véritables relais pour sécuriser et soutenir les sessions présentielles en maximisant les taux de remplissage et en développant l’engagement global des apprenants.

Standardiser et automatiser les processus opérationnels pour absorber la charge

La multiplication des modalités et des parcours individualisés génère une complexité croissante. Les équipes formation doivent pouvoir :

  • Planifier des sessions présentielles à grande échelle dans les meilleures conditions
  • Avoir une visibilité en temps réel sur l’ensemble des sessions et inscriptions
  • Piloter des parcours blended combinant plusieurs modalités
  • Produire des reportings fiables tant sur le plan pédagogique que financier
  • Articuler les différents dispositifs de financement

Cette exigence de pilotage suppose de s’appuyer sur des outils adaptés, capables de gérer la complexité d’une offre de formation moderne et multimodale.

Le TMS Training Orchestra, leader sur le marché des solutions de gestion de la formation présentielle, est conçu pour répondre spécifiquement à ces besoins : planification simplifiée, vision 360° de l’activité Formation, pilotage financier intégrant les dispositifs OPCO et CPF, et reporting consolidé sur l’ensemble des modalités.

Conclusion

Le retour en force du présentiel ne constitue pas un retour en arrière, mais bien une évolution mature de la fonction formation. Les organisations ont intégré les apports du digital tout en redécouvrant l’irremplaçable valeur de l’interaction humaine et de l’accompagnement pédagogique direct.

Cette nouvelle ère de la formation, à la fois présentielle, digitale et individualisée, exige des directeurs et directrices formation une vision stratégique claire et des outils de pilotage à la hauteur de cette complexité. Un défi majeur, mais aussi une formidable opportunité de réinventer l’expérience apprenante au service de la performance collective.

Sources :

  • Baromètre : les chiffres clés 2026 du digital learning (ISTF) (enquête novembre 2025 – janvier 2026, 460 répondants)
  • Baromètre de la Formation Professionnelle 2026, Lefebvre Dalloz Compétences (enquête mai-septembre 2025, 551 répondants)
  • Baromètre de la Formation Professionnelle 2024, Lefebvre Dalloz Compétences (enquête mai-août 2023, 883 répondants)
  • Baromètre international Cegos 2023 – Transformations, compétences et learning (enquête juin-juillet 2023, 5 048 salariés et 488 DRH/RRH, 9 pays)
  • Baromètre Comundi : “Portrait-robot du responsable formation 2023”

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